- Pourquoi choisir la souveraineté alimentaire ?
- Moyens pour favoriser la souveraineté alimentaire
- Organisations promotrices de la souveraineté alimentaire
La souveraineté alimentaire : être souverain sur sa terre nourricière...
La souveraineté alimentaire engage les pays à d'abord nourrir leur population, à même les ressources de leur territoire agricole et de leurs fermes à dimension humaine. Elle présente une alternative à la libéralisation aveugle du commerce agricole mise de l'avant par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui démontre de sérieuses failles et menace notre sécurité alimentaire.
La souveraineté alimentaire :
- valorise l'équité et la justice sociale tout en mettant l'accent sur les dimensions nourricières et environnementales de l'agriculture, elle ne la réduit pas au seul aspect commercial;
- se fonde sur les importantes différences climatiques, culturelles et sociales entre les régions du monde, qui, dans un contexte de libéralisation aveugle du commerce agricole, défavorisent la juste concurrence;
- constitue une stratégie responsable face à la libéralisation tous azimuts du commerce agricole comme l'entend l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
On confond trop souvent souveraineté alimentaire et autarcie alimentaire. La souveraineté alimentaire ne commande pas la fermeture des frontières, mais privilégie la production locale pour la consommation locale.
Pourquoi choisir la souveraineté alimentaire ?
Parce que...
- Elle répond au besoin fondamental de s'alimenter et au droit des peuples à l'alimentation.
- Elle donne priorité à la production locale d'aliments et favorise les circuits courts pour leur transport. Elle permet ainsi de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES): près de 40 % des émissions québécoises actuelles sont liées au transport.
- Elle limite la concurrence entre des pays aux conditions climatiques, sociales et économiques différentes. Elle permet aux agriculteurs du Québec et du monde d'aspirer à de meilleures conditions de vie en obtenant une juste rétribution pour le fruit de leur labeur.
- Elle encourage les fermes familiales et à dimension humaine, et reconnaît l'importance d'un juste partage des profits entre les différents intervenants de l'alimentation.
- Elle permet aux pays de se protéger - notamment en fixant des tarifs aux frontières - contre le dumping et la concurrence déloyale des États qui subventionnent à outrance leur agriculture.
- Elle permet un meilleur contrôle des aliments que l'on consomme. Les aliments produits chez nous sont l'objet d'un contrôle très strict de la qualité - l'un des meilleurs au monde.
- 10 % de la production agricole mondiale fait présentement l'objet d'échanges entre les pays et l'augmentation de ce pourcentage ne favoriserait que les grandes industries.
Le concept de souveraineté alimentaire a été discuté publiquement pour la première fois en 1996 lors du Sommet mondial de l'alimentation, organisé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et reçoit de plus en plus d'appuis dans le monde.
La souveraineté alimentaire est une stratégie qui se réalise à travers différents moyens individuels et collectifs, tels que:
- l'achat d'aliments produits localement;
- les systèmes de mise en marché collective et de mise en marché de proximité, notamment la gestion de l'offre et l'Agriculture soutenue par la communauté (paniers bio);
- différentes mesures législatives, dont l'imposition de contingents tarifaires et de l'adoption de lois rendant obligatoire l'identification de la provenance des aliments.
Marchandisation et mondialisation des aliments
La souveraineté alimentaire est une alternative à la marchandisation sans contraintes des ressources de l'agriculture, qui menace la sécurité alimentaire des populations du monde.
La marchandisation est inhérente à l'économie de marché qui fixe un prix sur la base de la relation entre l'offre et la demande. Cette relation généralement déséquilibrée entre l'offre et la demande d'éléments essentiels - comme les aliments, l'eau, l'accès à l'énergie et l'accès aux soins de santé - a de sérieuses conséquences sur le quotidien de milliers de personnes, même chez nous.
Rendue publique en janvier 2007, l'étude Les disparités dans l'accès à des aliments santé à Montréal révèle que 40 % des Montréalais n'ont pas accès à distance de marche, soit 500 mètres, à des fruits et légumes et que les dépanneurs sont la source d'approvisionnement alimentaire dominante dans de nombreux quartiers défavorisés.
Source : Santé publique de Montréal
La libéralisation aveugle de la production, de la transformation et de la distribution des aliments répond mal au besoin fondamental de s'alimenter et au droit des peuples à l'alimentation.
La mondialisation est le prolongement à l'échelle planétaire de la marchandisation. Elle a été accentuée dans les dernières décennies par la libéralisation des échanges commerciaux entre les pays qui a permis une réduction des contraintes aux frontières.
La souveraineté alimentaire est une stratégie proposée comme alternative à la libéralisation tous azimuts du commerce agricole afin de répondre adéquatement aux impératifs du droit à l'alimentation et de la sécurité alimentaire.
La sécurité alimentaire
La souveraineté alimentaire est un moyen d'assurer la sécurité alimentaire des peuples.
La sécurité alimentaire n'est pas le seul lot des pays en développement: d'après l'Enquête nationale sur la santé de la population réalisée par Statistique Canada en 1998-1999, environ 10 % de la population canadienne vivait une situation d'insécurité alimentaire.
La sécurité alimentaire se décline en cinq dimensions:
- L'accès aux aliments: Les aliments doivent être physiquement et économiquement accessibles aux citoyens.
- La qualité des aliments: Les citoyens doivent être en mesure de s'approvisionner d'aliments sains, nutritifs et variés afin de demeurer en santé.
- La pérennité du système alimentaire: Le système agroalimentaire doit être durable: tous doivent pouvoir se procurer des aliments de qualité, diversifiés et en quantité suffisante, et ce, en tout temps.
- La diversité des aliments: Les aliments doivent refléter la diversité culturelle et sociale; c'est une question de dignité humaine.
- La capacité de prise en charge citoyenne: Les citoyens doivent non seulement développer les aptitudes requises pour bien s'alimenter, mais également être en mesure d'obtenir des informations leur permettant de faire des choix éclairés.
Le droit à l'alimentation
La souveraineté alimentaire est un moyen de répondre au droit à l'alimentation, un droit fondamental de tous les citoyens du monde.
La sécurité alimentaire commande le droit à l'alimentation; enchâssé dans plusieurs traités internationaux, il est reconnu mondialement. Jean Ziegler, rapporteur spécial de la Commission des Droits de l'homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation, le définit comme suit:
« Le droit d'avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d'achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d'angoisse, satisfaisante et digne. »
Moyens pour favoriser la souveraineté alimentaire
Individuellement :
Acheter des aliments produits localement:
- directement des agriculteurs:
- dans les kiosques à la ferme;
- dans les marchés publics;
- dans les réseaux d'Agriculture soutenue par la communauté (paniers bio);
- dans les coopératives d'alimentation et les marchés de solidarité;
- dans les restaurants et chez les traiteurs qui favorisent les productions locales.
User de notre pouvoir de citoyen-consommateur en exigeant:
- que l'identification des produits du Québec soit obligatoire;
- qu'un soutien significatif et récurrent soit accordé:
- à l'organisme à but non lucratif Aliments du Québec;
- aux organisations œuvrant au développement de moyens de mise en marché de proximité;
- que le Québec se dote d'une politique nationale d'achat local dans ses institutions publiques;
- que les gouvernements provincial et fédéral défendent et fassent la promotion de la gestion de l'offre auprès des instances commerciales internationales comme l'OMC.
Transmettre notre point de vue:
Vous êtes d'avis que la souveraineté alimentaire est la voie à suivre ?
Faites-le savoir à vos élus:
- au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ):
www.mapaq.gouv.qc.ca
418 380-2110 ou 1 888 222-MAPA (6272)
- à Agriculture et Agroalimentaire Canada:
www.agr.gc.ca
613 759-1000
Collectivement :
Comment agir ? Voici des moyens d'actions afin de favoriser notre souveraineté alimentaire et ainsi améliorer notre système alimentaire.
La gestion de l'offre
Le système de gestion de l'offre est une forme équitable de mise en marché collective que les producteurs canadiens et québécois de lait, de volaille, d'oeufs de consommation et d'oeufs l'incubation ont adoptée. Il leur permet de planifier leurs productions en fonction des besoins intérieurs en leur assurant des revenus décents, sans subventions.
La protection du territoire agricole
Au Québec, seulement 2 % du territoire est dédié à l'agriculture. Il est donc essentiel de le protéger afin de nourrir d'abord la population québécoise à même ses ressources agricoles.
Mise en marché de proximité
Tout comme les marchés publics, les coopératives alimentaires et de solidarité ainsi que l'Agriculture soutenue par la communauté (paniers bio) prennent naturellement en compte les dimensions nourricières, sociales et environnementales de l'alimentation.
Identification de la provenance des aliments
Au Canada, une loi fédérale oblige tous les marchands à identifier la provenance des fruits et des légumes qu'ils vendent, ce qui permet aux consommateurs de faire des choix éclairés.
Cependant, des logos - comme celui d'Aliments du Québec - permettent d'identifier la provenance des aliments, mais uniquement sur une base volontaire. Pour favoriser notre souveraineté alimentaire, l'identification des produits du Québec doit devenir obligatoire.
Organisations promotrices de la souveraineté alimentaire
Chefs appuyant le concept de souveraineté alimentaire :
Thierry Daraize, chef-consultant et chroniqueur
Jérôme Ferrer, restaurant Europea
Eric Gonzalez, hôtel Le St-James
Philippe Mollé, chef-consultant et chroniqueur
Jean-François Plante, bistro L’Aromate
Daniel Vézina, restaurant Laurier Raphaël
Organisations promotrices de la souveraineté alimentaire :
Agropur coopérative
Association des couvoiriers du Québec
Association des marchés publics du Québec
Association des transporteurs de lait du Québec
Association Manger santé bio
Association des médecins vétérinaires du Québec
Association québécoise des banques alimentaires et moissons
Associations touristiques régionales du Québec (ATR QC)
Centre d’insémination artificielle du Québec
Centre de développement pour l'exercice de la citoyenneté
Chaire Philippe-Pariseault, UQAM
Chantier de l’économie sociale
Chicken Farmers of Ontario
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité
CSN (Confédération des syndicats nationaux)
CSQ (Centrale des syndicats du Québec)
Environnement Jeunesse
Équiterre
Fédération des caisses Desjardins du Québec
Fédération des coopératives d'alimentation du Québec
Fédération des femmes du Québec
Fédération québécoise des municipalités
Fondation Monique-Fitz-Back sur l'éducation au développement durable
FTQ (Fédération des travailleurs du Québec)
GO5, Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l’offre
Greenpeace
Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ)
La Coop fédérée
Office canadien de commercialisation des oeufs d’incubation de poulet à chair
Producteurs de poulets du Canada
Producteurs laitiers du Canada
Regroupement québécois des cuisines collectives du Québec
SOCODEVI (Société de coopération pour le développement international)
Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain
Union des consommateurs - bureau de Montréal
Université de Montréal - Faculté de médecine vétérinaire
Union des producteurs agricoles (UPA)
Union des producteurs agricoles – Développement international (UPA DI)
VALACTA